Certains, comme Jacques Attali affirment que l'insulte proférée par Patrick Devedjian a propos d'Anne-Marie Comparini cette semaine ("salope" a-t-il dit à son propos, à
l'adresse du député UMP qui a battue la candidate MoDem aux législatives à Lyon) n'aurait jamais due être diffusée par la chaîne lyonnaise TLM.
J'apprécie en général l'analyse de Jacques Attali, mais pas cette fois. Il est vrai que lui est une personnalité publique exposée aux dérives médiatiques, et moi un membre de ces médias coupables
de tous les maux et les mots.
En ce qui concerne les propos de Patrick Devedjian, si tout le monde peut dire salope ou autres insultes en privé, il n'y a aucune raison qu'un média ne diffuse par ces propos quand ils sont tenus
par un homme politique, qui plus est secrétaire général (et à ce titre l'un des principaux dirigeants) du parti politique majoritaire aujourd'hui en France. Et qui plus est quand ces propos
sont proférés en présence de deux autres personnalités politiques (l'ex-secrétaire d'Etat et député UMP de Marseille Renaud Muselier et le député lyonnais Michel Havard), à propos d'une
femme politique membre d'un parti que l'UMP n'a eu de cesse de draguer ces dernières semaines et qu'elle draguera sans doute encore.
Sans compter que contrairement à ce son entourage a osé prétendre dans un premier temps Patrick Devedjian ne pouvait ignorer la présence d'une caméra, il suffit de voir à quoi ressemble une caméra
pro, et l'expérience qu'on des mamouths de la politique comme Patrick Devedjian, habitué à la présence des journalistes et donc à les reconnaitre, pour s'en convaincre. Le seul fait, pour sa
défense, de dire que ses propos ont été tenus en privé et qu'ils n'auraient pas du être diffusé, ne doit pas justifier une quelconque autocensure de la part des journalistes.
Au contraire, louons pour une fois le courage de la rédaction de TLM et des journalistes qui ne se sont pas laissés intimidé (ils ont tout de même reçu au moins un coup de fil du député UMP de Lyon
pour leur demander de ne pas diffuser l'extrait incriminé). C'est exactement ça l'indépendance des médias, la liberté de la presse, témoigner ! Et si TLM n'avait pas diffuser,
nombre sont ceux qui s'en serait offusqué. Et encore une fois, que ces propos aient été diffusés et relayés sur Internet démontrent tout ce que peut apporter le web à la Liberté !
Devedjian a fait une bourde, il n'a pas été le dernier a craché son venin quand Borloo a dérapé... et lorsque ses petits camarades politiques commettent des boulettes, alors qu'il assume ses
propos. On va quand même pas le plaindre non plus, surtout lui !
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Je m'inquiète pour le jour où, dans 10 ou 15 ans, ma fille me demandera : "Papa, tu faisais quoi quand ils ont censuré la liberté de la presse sur Internet ?" Mike
Godwin
par Libertas
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"Pour les jeunes, j’en rappellerai donc :
Patrick Devedjian, comme Madelin et quelques autres, vient de l’extrême-droite. Il incarne ce ralliement à la droite parlementaire de l’électorat du Front national à laquelle est parvenu Nicolas Sarkozy. Anne-Marie Comparini était une élue de droite au Conseil régional Rhône-Alpes en 1998. C’est de ce Conseil que Charles Millon s’était fait élire président, par une négociation post-électorale avec le Front national. Anne-Marie Comparini fut des quelques un-e-s qui, à droite, refusèrent cette honteuse alliance. Ayant repéré qu’il existait une majorité alternative entre ces quelques élu-e-s de centre-droit, la gauche et les Verts, un conseiller régional vert, Étienne Tête, trouva un vice de forme pour faire annuler l’élection de Charles Million, puis il proposa de confier la présidence de région à Anne-Marie Comparini avec le soutien de la gauche. Ce qui fut fait.
D’une certaine manière, Anne Marie Comparini anticipait de plusieurs années l’alliance à la Prodi entre le centre, la gauche et les écologistes contre Berlusconi… menace politique la plus sérieuse pour Devedjian et ses amis."